Motricité libre : à chaque bébé son rythme !

Voulant bien faire, on a parfois tendance à surstimuler bébé dans son développement psychomoteur. Pourtant, pour acquérir de nouvelles positions et de nouvelles compétences, il a simplement besoin d’encouragements et d’un environnement adapté. C’est le principe de la psychomotricité libre.

Objectif : laisser bébé expérimenter

Aujourd’hui, les professionnels de la petite enfance sont unanimes : rien ne vaut la motricité libre. « Cette approche du développement psychomoteur part du principe que le tout-petit est en mesure de développer sa motricité, comme se retourner, s'asseoir ou effectuer ses premiers pas, sans que l'adulte n'interfère directement », explique Justine Muller, éducatrice de jeunes enfants. « Lorsque l'adulte assoit l'enfant alors qu'il ne sait pas le faire lui-même, ou le pousse à "marcher" en lui tenant les bras au-dessus de la tête, l'enfant ne peut pas profiter des apprentissages fondamentaux liés aux différentes étapes de ces mouvements. Grâce à la motricité libre, il profite de ses tentatives de mouvements pour se muscler, entraîner son équilibre, développer sa coordination, sa confiance en lui, etc. »

Transat à petite dose et pieds nus

Pour être libre de ses mouvements, bébé doit porter des vêtements confortables et avoir le plus souvent possible les pieds nus. Côté équipement, on oublie définitivement le youpala, on utilise à toute petite dose, voire pas du tout, le parc et le transat. « Pour que l'enfant ait l'occasion d'exercer sa motricité, il faut surtout lui laisser de la place. Pour (se) découvrir, il a aussi besoin d'un tapis ferme mais confortable installé au sol, loin de tout danger, avec à disposition, des jouets légers et adaptés qu'il peut prendre et manipuler à sa guise », précise la spécialiste.

Savoir intretenir au bon moment

« Durant ces temps de découvertes, l'adulte, en plus d'être garant de la sécurité, doit veiller à ce que l'enfant ne soit pas en difficulté, ni trop fatigué ou lassé, ce qui pourrait le décourager dans ses découvertes », rappelle Justine Muller.

Un concept qui a presque un siècle

Contrairement aux apparences, même si on en parle beaucoup en ce moment, la motricité libre n’a rien d’un nouveau concept. La pédiatre hongroise Emmi Pikler a commencé à le développer dès les années 1920.