Sucré, salé, amer, acide… Prêt pour les saveurs !

Grâce à ses papilles extrêmement sensibles, votre bébé est capable de distinguer les quatre principales saveurs avant même sa naissance. Profitez-en. Plus vous stimulez son sens du goût, mieux vous le préparez à manger varié toute sa vie.

L’apprentissage du goût : tout commence dès la grossesse

Les bourgeons gustatifs qui tapissent en très grand nombre l’intérieur des joues et la partie inférieure de la langue de bébé sont en place dès le 6e mois de grossesse. Ils s’étendent ensuite progressivement jusqu’à recouvrir tout l’intérieur de sa bouche. À la naissance, elles y sont deux à trois fois plus nombreuses que dans la bouche d’un adulte.

Avant même de voir le jour, bébé est donc un fin gourmet. Il est déjà capable de distinguer le salé, le sucré, l’amer et l’acide. In utero, toutes ces saveurs lui parviennent via l’ingestion du liquide amniotique, dont le goût varie en fonction de ce que mange sa maman. « Pour développer cette faculté, il suffit d’adopter une alimentation la plus saine mais aussi la plus diversifiée possible pendant la grossesse et durant l’allaitement », conseille Marie-Claire Thareau, ingénieur nutritionniste, cofondatrice de l’association Pommes et sens.

Bébés : une préférence innée pour le sucré

Malgré tout, les nourrissons ont une préférence innée pour le sucré, alors que l’amer et l’acide peuvent les surprendre et les faire grimacer. C’est physiologique. « Ces prédispositions leur permettent de bien se nourrir et de faire le plein d’énergie les premiers mois de leur vie, le lait ayant une saveur naturellement sucrée », explique la spécialiste. Un goût du sucré qui permet aussi de se protéger, les substances amères présentes dans la nature étant souvent toxiques.

Saveurs amères et acides : par petites touches

 À l’heure de la diversification alimentaire, généralement vers 5-6 mois, voire dès 4 mois, les premières compotes de pomme, de poire ou encore de banane plaisent beaucoup aux tout-petits. Pas étonnant, ces fruits sont sucrés. Profitez-en ! Pour faire apprécier la saveur acidulée de la rhubarbe ou encore de l’abricot, il suffit d’en ajouter une petite touche à ces bases. Idem pour l’artichaut dont l’amertume passera mieux mélangée à de la pomme de terre. Mettre un peu d’huile d’olive à la place du beurre dans les purées est aussi une bonne façon de faire découvrir en douceur son goût caractéristique. « Et surtout, il ne faut pas se décourager au premier refus d’un enfant devant un nouvel aliment. C’est comme pour tous les apprentissages, il lui faudra peut-être le goûter encore et encore pour finir par l’apprivoiser », rappelle Marie-Claire Thareau.

Alternez petits pots et préparations maison

Bien pratiques, les petits pots répondent parfaitement aux impératifs de sécurité alimentaire et d’équilibre nutritionnel. Seul bémol : leur goût est uniformisé. Pour stimuler les papilles de bébé, c’est bien aussi de lui préparer des petites compotes maison, ne serait-ce que pour lui faire profiter de toute la gamme de saveurs offertes d’une variété de pommes à l’autre.